VOYAGES EN EQUILIBRE...

A la découverte de Carl Gustav Jung

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J'ai longtemps cherché à comprendre les écrits de Carl Gustav Jung (1875-1961), mais j'avoue que j'ai à chaque fois renoncé à le lire, car ses propos me paraissaient trop compliqués à comprendre.

Cela me navrait d'autant plus que j'avais choisi pour thème de mon mémoire de fin d'étude lors de ma formation de professeure de Yoga à la FFHY: Voyage initiatique en Yoga du labyrinthe au mandala.

Je savais que Jung s'était beaucoup intéressé aux cultures orientales, qu'il avait étudié et décrypté le sens des mandalas et évidemment comme lui, j'imagine, j'avais été fascinée par cet univers philosophique du Yoga  qui met en lumière des techniques de cheminement vers le Soi. Seulement voilà,  je ne comprenais pas tous les concepts, et je restais frustrée en abordant son processus d'individuation, jusqu'à la lecture de ce livre de Frédéric Lenoir qui éclaire la pensée de ce médecin suisse qui a consacré sa vie à explorer le voyage intérieur qui mène à l'unité de l'être.

 

Voici un extrait du livre "Jung Un voyage vers soi" de Fréderic Lenoir, où il est question entra autre des influences du Yoga et du Mandala selon Jung dans le processus d'individuation:

 

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" - Le livre rouge, Liber novus, rend compte de séries de manifestations de l'imagination active et des tentatives de Jung pour en comprendre la signification. Cela lui permet d'aborder la nature de la connaissance de soi, le rapport du masculin et du féminin, la réunion des opposés, mais aussi la relation de l'individu avec la société contemporaine, la religion, etc. En somme, tout ce qui va permettre le processus d'individuation. Le travail consiste à établir un dialogue avec ces images intérieures porteuses de sens, reliées à l'inconscient collectif, et à les intégrer à la conscience. Le traitement herméneutique des visions créatives, qui passe par une synthèse entre psyché individuelle et psyché collective, met ainsi au jour le sens d'une vie et donne au sujet le pouvoir de se transformer.

 

En entreprenant une étude comparée des exercices spirituels d'Ignace de Loyola, des yogas-sutras de Patanjali, des pratiques de méditation bouddhiste et de l'alchimie médiévale, Jung se rend compte que toutes ces démarches sont également des formes d'imagination active, même si elles n'en portent évidemment pas le nom. Les alchimistes, méditant dans leur laboratoire sur les textes et les matériaux, adoptent une démarche similaire. A côté du terme imaginatio , correspondant à un "extrait concentré des forces vivantes, aussi bien physiques que psychiques", ils utilisent celui de meditatio, décrit de la façon suivante par Martin Ruland, médecin alchimiste allemand du XVIe siècle:  " Il y a "méditation" chaque fois que l'on tient avec quelqu'un d'autre, qui, cependant, est invisible, un colloque intérieur, que ce soit, par exemple, avec Dieu, quand on l'invoque Lui-même, ou que ce soit avec soi-même, ou avec son bon ange gardien. " Par "méditation", les alchimistes n'entendent pas seulement une simple intériorisation silencieuse, mais un véritable dialogue intérieur permettant un acte créateur pour réaliser le Grand Oeuvre, la transmutation du plomb en or, véritable parabole du processus d'individuation selon Jung.

 

Le médecin zurichois vois également dans le yoga une analogie avec le processus d'individuation. Lors de plusieurs conférences, il s'attache à guider les participants vers une compréhension du yoga de la Kundalini sur la base de leur propre expérience intérieure. Le yoga n'est pas qu'une simple gymnastique respiratoire, mais une voie de méditation reliant le corps à la totalité de l'esprit, dans une dynamique universelle. Il vise à discipliner les forces motrices de l'âme. En méditant sur les chakras, via  les symboles, on parvient à un changement psychique permettant le développement et la transformation  de la structure la plus intime de l'être, le Soi. " La pratique du yoga est inimaginable et serait également inefficace sans les idées du yoga. Elle réalise une fusion du physique et du mental d'une rare perfection", explique Jung qui, pourtant, pour son propre processus d'individuation, ne choisit pas la voie du yoga, trop difficilement assimilable pou un Occidental. "L'Occident produira au cours des siècles son propre yoga et il le fera sur la base donnée par le christianisme", pense-t-il.

 

Les rituels

 

Comme le fait remarquer Jung, les rituels religieux se font la plupart du temps dans des temples aux enceintes rondes ou carrées, à valeur protectrice. L'enceinte abrite ou isole un contenu intérieur qui ne doit pas être mêlé aux choses de l'extérieur, à l'image du parvis d'un temple ou de na nef d'une église. Ce qui fait penser au principe du mandala (un centre et un contenu protégés par un cercle) : "Ainsi le mandala répète symboliquement des moyens et des voies archaïques qui furent autrefois des réalités concrètes."

Selon Jung, la psychologie du mandala est la continuation d'un processus évolutif de l'esprit, qui prend sa source aux premiers temps du Moyen Age, voire bien avant, à l'orée de l'ère chrétienne, chez les païens. Les mandalas modernes offrent un parallélisme étonnant avec les cercles magiques du Moyen Age, au centre desquels on trouve habituellement la déité. Ces cercles visant à protéger de l'extérieur ont été utilisés, dés les temps préhistoriques, à des fins sociales ou initiatiques, autour du feu, jusqu'à aujourd'hui dans un but thérapeutique, à l'instar des Alcooliques Anonymes, dont l'un des deux fondateurs à affirmé s'être beaucoup inspiré des idées jungiennes.

 

Les recherches de Jung montrent que les mandalas, sans avoir été apportés par une tradition directe, apparaissent de tout temps et en tout lieu, aussi bien dans les traditions orientales qu'occidentales, comme s'ils présentaient une dimension universelle. Dans leur utilisation culturelle, ils sont de la plus grande importance car leur centre contient en général une haute figure religieuse. Quand ce n'est pas Bouddha, Shiva ou Shakti, c'est le Christ qui peut-être figuré au centre, entouré des symboles des quatre évangélistes. Jung insiste particulièrement  sur les symboles que l'archétype du mandala utilise dans le rituel à structure circulaire, parfois sous la forme d'une expression artistique, mais avec une visée religieuse. Tel est le cas, par exemple, des derviches tourneurs, ordre musulman soufi dont les membres tournent sur eux-mêmes dans une forme de danse méditative. La circumambulation est une marche qui s'effectue autour d'un objet sacré (pierre, autel...). Dans la majorité des rituels , comme c'est le cas chez les bouddhistes autour du stupa, ce circuit s'accomplit dans le sens des aiguilles d'une montre (sauf chez les musulmans autour de la Kaaba, à la Mecque), reproduisant la course du soleil et des planètes pour rendre hommage aux forces cosmiques. Psychologiquement, cette circulation consisterait à tourner en cercle autour de soi pour mettre en jeu tous les aspects de la personnalité.

 

Le mandala est ce qu'on appelle, dans l'usage rituel indien ou tibétain, un yantra , un instrument de contemplation ou support de méditation. Il est un objet cultuel destiné à soutenir la concentration de celui qui l'exécute (par la peinture, le dessin, la sculpture avec du sable chez les Tibétains, ou encore la danse) ou l'observe (par la réduction circulaire de son champ psychique à l'espace central). Le but de la contemplation des différents éléments qui composent le mandala dans les traditions orientales est le renoncement à l'individualité pour revenir à la totalité universelle de l'état divin, autrement dit la transformation de la conscience personnelle en conscience divine universelle. C'est ainsi que Jung conçoit également le mandala: il sert au rétablissement de l'ordre intérieur et à la réconciliation avec la totalité, donc au processus d'individuation. Expression religieuse qui plonge dans l'histoire d'un peuple, il permet de se relier au sacré et apparaît  comme le fondement même de la possibilité et de la nécessité de l'expérience religieuse humaine. IL n'est pas seulement expressif, il est opérant. " -

 

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Voilà, j'espère que ce thème vous aura intéressé, en tout cas je vous recommande le livre de Frédéric Lenoir "Jung Un voyage vers soi" paru aux éditions Albin Michel.

 

Je termine avec cette réflexion de Carl Gustav Jung : 

"Le non-sens empêche la plénitude de la vie (...)

Le sens rend beaucoup de choses, tout peut-être, supportable."

 

A bientôt !

                 Corinne

 





19/09/2023
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