VOYAGES EN EQUILIBRE...

Méditation de Mars

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     Les 3 passoires de Socrate               

 

Socrate avait dans la Grèce antique une haute opinion de la sagesse.

Quelqu'un vient un jour trouver le grand philosophe et lui dit : "Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?

- Un instant, répondit Socrate.

Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires.

-Les 3 passoires?

-Mais oui, reprit Socrate.

Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des 3 passoires.

La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

-Non, j'en ai simplement entendu parler...

-Très bien, tu ne sais donc pas si c'est la vérité.

Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté.

-Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, Est-ce quelque chose de bon ?

-Ah non ! Au contraire.

-Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain qu'elles soient vraies.

Tu peux encore passer le test, il reste la troisième passoire, celle de l'utilité.

-Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ?

-Non pas vraiment. 

-Alors conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?

                                               

                       troispassoiresles.jpgPas facile de discuter de tout et de rien devant la machine à café, sans déraper sur les potins, les bruits qui courent, les rumeurs...

Attention, dire du mal des absents peut vite devenir un acte de malveillance !

Tant qu'on en reste au niveau de l'information et du partage, il n'est pas interdit de parler des absents. En dehors de ce cadre, la démarche n'est plus constructive, on est plus dans la recherche d'une solution. Juger une personne qui n'est pas là pour se défendre, c'est entrer en zone interdite.

Article inspiré du livre"J'arrête de râler" de Christine LEWICKI

 

 

 

Quelques mots sur Socrate...

 

mort_socrate.jpg " La mort de Socrate" tableau de David (1787)

 

 

 

 Socrate est un philosophe grec du Vème siècle avant J-C (470-399).

Il est considéré comme l'un des créateurs de la philosophie morale alors qu'il n'a laissé aucun écrit pour en témoigner véritablement.

Ses pensées ont été retransmises par Platon, Xénaphon ou encore Aristote ses disciples qui s'en sont nourris dans leurs propres œuvres, mais nous n'avons aucunes certitudes sur l'authenticité des paroles qui lui sont attribuées.

A ce titre il demeure la figure la plus illustre et la plus mystérieuse de toute l'histoire de la philosophie occidentale.

Il apparait comme un marginal, toujours représenté pieds nus, vêtu d'un simple manteau en train d'interroger les gens dans les rues de la cité. Il discutait avec les gens du peuple de ce qu'ils croient savoir, en leur posant des questions faussement naïves. ( Ironie: méthode par laquelle Socrate interrogeait ses interlocuteurs en feignant l'ignorance).

"Tout ce que je sais, dit Socrate, c'est que je ne sais rien." Il cherchait à débarrasser ses semblables du voile de l'illusion, en les amenant à penser par eux-mêmes: "il accouchait les âmes".

Ainsi, il distingue le savoir de la croyance et de l'opinion et reprend l'injonction du temple de Delphes: "Connais-toi toi même", ce qui lui confère une grande sagesse.

Selon Ciceron, il serait "le père de la philosophie". Il pose l'idée d'un discours rationnel qui soit inséparable d'un certain mode de vie: désirer orienter sa vie selon la justice et la vérité. En cela , il remet en question les nombreuses certitudes et les valeurs parfois infondées ou inadaptées qui dirigent nos vies.

Après Socrate, les philosophes devront justifier leurs affirmations et les argumenter de façon rigoureuses.

Mais cet enseignement moderne et original ne plait pas à tous ses contemporains ... Il se met à dos les "Sophistes", ces marchands de savoir ambulants qui enseignent contre rétribution, l'art d'argumenter dans les affaires publiques et privées. La vérité étant incompatible pour lui avec la persuasion, il finit par déranger au niveau politique et est condamné à mort par le tribunal démocratique d'Athènes, pour incroyance et corruption de la jeunesse.

Selon Hegel c'est ce qui a fait de lui un "héros de l'Humanité".

Face à cette condamnation, Socrate refuse de se défendre, et respecte le verdict des juges.

Un comportement exemplaire devant la mort, qui peut-être comparé à l'histoire de Jésus- Christ: "Il faut que l'homme meure pour que l'idée survive".

 

                                                                        

De quoi réfléchir...

                             A bientôt

                                           Corinne

 

 

 

 

 

 

 

 

 



03/03/2017
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