Méditation novembre 2018 - VOYAGES EN EQUILIBRE...

VOYAGES EN EQUILIBRE...

Méditation novembre 2018


L'oiseau migrateur... Méditation de novembre 2018

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  En ce mois de Novembre, où la vie et la mort se côtoient étroitement , je vous propose de voyager avec l'Oiseau migrateur, hamsa, image incontournable de l'Inde ancienne:

"L'âme est pareille à un tel oiseau retenu captif par un fil noué à l'une de ses pattes; souffrant de sa condition captive il attend que le fil soit coupé pour pouvoir s'envoler...

L'âme est semblable à un oiseau migrateur puisqu'elle vole de corps en corps, sans jamais faire son nid, sans jamais s'établir définitivement.

Cette migration indéfinie est appelée samsâra. "

 

L'Oiseau migrateur

Hamsa Upanishad

 

 

Le Sage Gautama,

s'approchant du Seigneur,

lui demanda:

  "Toi qui connais toutes les lois,

toi qui sais toutes les sciences,

dis-moi, Seigneur Shiva,

comment éveiller l'esprit

à la connaissance du brahman ?"

  A quoi Shiva répondit:

"Apprends d'abord les Lois,

assimile à fond l'enseignement

du Seigneur-à-la-Lance;

ensuite seulement, Gautama,

je te dirai la vérité

telle que me la révéla

la Déesse-de-la-Montagne.

  Cette Vérité est secrète,

on ne doit pas la divulguer;

je la réserve à l'adepte parfait

dont le Yoga fait un écrin

digne des joyaux les plus beaux.

  Elle est la connaissance vraie

de l'Oiseau migrateur,

et par elle on obtient

d'être libre à jamais !

 

  Je vais donc te dire

ce qu'est cette doctrine

et ce qu'est l'Oiseau suprême

puisque tu es un novice

maître de soi et voué à l'étude:

  l'enseignement est qu'il faut méditer

encore et encore sur l'Oiseau

en répétant sans cesse

"L'Oiseau ! l'Oiseau !"

  Il entre en tous les êtres,

l'Oiseau migrateur, 

et devient présent en eux

comme le feu dans le bois de friction

comme l'huile dans le sésame;

Savoir cela c'est vaincre la mort.

 

  L'adepte, en premier lieu,

prend la Posture du Lotus

et tient le souffle qu'il inspire;

  pressant ensuite son anus 

avec son talon gauche,

il fait monter le souffle

à partir du Centre de la Base

jusqu'à la porte des Joyaux

non sans avoir conduit le souffle

à tourner par trois fois

autour du Svadhisthana;

  de là le souffle monte

jusqu'à l'Anahata et le dépasse

gagnant la Visuddhi

que flanquent deux balles de chair

pareilles aux testicules;

  tenant toujours le souffle

l'adepte conduit alors l'air inspiré

jusqu'à l'Ajna-Chakra

et le Brahmarandhra;

  méditant, il réalise enfin

qu'il est l'Ame trinitaire,

Etre-Pensée-Béatitude,

au-delà de toute forme !

  Il est l'Oiseau suprême,

resplendissant de la lumière

de dix millions de soleils,

et par qui toutes choses

ont été pénétrées.

 

  Habitant désormais

dans le lotus du coeur

il y trouve huit incitations

correspondant à huit pétales:

  le pétale oriental

incline aux actions pieuses,

  le pétale d'Agni

à sommeiller, à paresser, 

  et celui de Yama

à agir avec cruauté;

  le pétale de Nirrti

incite à mal faire

  chez Varuni, la Déesse,

gît la soif des plaisirs,

  et chez Vayavi

l'envie de voyager;

  le pétale de Soma

incline à la sensualité

  et celui d'Isana

à rechercher les biens matériels.

  Au milieu du Lotus

gît le dégoût qui suit la satiété;

  les étamines

régissent l'état de veille,

  le péricarpe

l'état de sommeil léger

  et l'androcée

le sommeil profond.

  Quant à l'état Quatrième

l'Oiseau l'atteint

lorsqu'il a quitté le lotus;

  il va ensuite au- delà même

de cet état Quatrième

lorsqu'en lui s'éteint

la Résonance qui circulait

dans tout le corps subtil

du Centre de la Base

jusqu'au Brahmarandhra,

pareille au chant d'un pur cristal;

  cette résonance dont on adit

qu'elle est le brahman, l'Ame suprême.

 

   Du mantra de l'oiseau,

le prophète est l'oiseau lui-même,

le mètre, in octosyllabe,

le dédicataire, l'Oiseau suprême,

la semence-verbale, Him,

la puissance, c'est Lui, l'Oiseau,

et la pointe acérée

c'est de se dire:"Je suis Lui !"

  Ce mantra, il faut le répéter,

vingt et un mille six cent fois,

en méditant sur les six centres

de nuit et de jour;

  dédiant cette méditation

au Soleil et à la Lune,

au Seigneur impassible

et au brahman non manifesté;

  on incitera, par ce moyen,

l'élément subtil et sans forme

qui est au fond de nous.

 

On utilise ce mantra

pour les rites d'attouchement,

commençant par le coeur,

on poursuit sur tous les membres,

en répétant l'interjection rituelle:

"Vausat pour Agni et Sauma !"

  A la fin du rite, on médite

sur l'oiseau niché dans le coeur

c'est à dire sur l'Ame.

  De cet oiseau Agni et Soma sont les ailes;

OM est la tête, dont

A,U,M sont les trois yeux;

Rudra et sa parèdre sont les deux pattes:

  telles sont les représentations

qu'on utilise dans le rite double

effectué à partir de la gorge.

  Par ce moyen l'esprit est élevé

et l'on obtient le bénéfice espéré

sans avoir à répéter indéfiniment le mantra,

  car c'est par la libre volonté de l'Oiseau

que l'esprit d l'adepte est incité !

          

  On peut aussi réaliser le Son

en répétant le mantra dix millions de fois;

le Son se manifeste alors

de dix manières, comme suit:

  on entend d'abord"cin",

puis, en second, "cini-cini";

la troisième sonorité est celle d'une cloche;

la quatrième, d'une conque;

la cinquième, d'une corde;

la sixième, d'une cymbale,

la septième, d'une flûte;

la huitième, d'un tambour;

la neuvième, d'une grosse caisse;

la dixième enfin est celle du tonnerre.

  Il faut négliger

les neuf premières sonorités

et concentrer son attention

sur la dixième qui est celle du tonnerre.

  A la première sonorité

le corps de l'adepte sonne Cin-cini

à la seconde, ceci disparaît;

à la troisième le lotus du coeur est percé;

à la quatrième, la tête tremble,

à la cinquième, le palais suinte,

à la sixième, on boit de l'ambroisie,

à la septième on voit le mystère,

à la huitième on entend la parole,

à la neuvième le corps devient invisible

et s'ouvre l'oeil divin, sans souillure,

  il devient le brahman.

 

  Dés lors, et par cela même,

l'esprit étant dissous dans l'esprit,

le couple erreur et décision ayant disparu,

le mérité et le péché ayant été brûlés,

  apparaît l'Eternel Shiva

à la fois Ame et Puissance

présent en tous lieux,

brillant de soi-même

pur, éveillé, perdurable,

sans qualités, à jamais apaisé.

  Cela, l'Ecriture l'atteste.

 

                       Telle est l'Upanishad

 

UPANISHADS DU YOGA traduit du sanskrit, présentées et annotées par Jean Varenne.

Connaissance de l'Orient- Gallimard / Unesco 

 

Voici L'oiseau migrateur vu par l'artiste Joan Miro

 

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 A bientôt !

                   Corinne


06/11/2018
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